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Petite messe solennelle

 

Musique sacrée ou sacrée musique?

La Petite messe solennelle de Rossini mise en scène

 

C’est au „Bon Dieu“ que Rossini dédie sa Petite messe solennelle lors de la composition en 1863. La compagnie berlinoise Nico and the Navigators livre aujourd’hui de cette œuvre une interprétation toute personnelle, et se propose d’emmener les spectateurs dans l’univers de Rossini, croyant agnostique, animé d’une tendre ferveur mais aussi doté d’un humour décapant.

 

Musique sacrée ou bien sacrée musique ? Rossini lui-même s’est autorisé ce jeu de mots à propos de cette Messe si atypique dans son oeuvre, et dans une dédicace en forme d’excuse adressée au Bon Dieu, il souligne qu’il était né pour l’opéra-bouffe : « Peu de science, un peu de coeur, tout est là. Sois donc béni et accorde-moi le paradis. »

 

Rossini est déjà le quatrième compositeur après Schubert (pour Wo Du nicht bist, 2006), Haendel (Anaesthesia, 2009) et Bach (Cantatatanz, 2011) qui donne aux Navigators matière à poursuivre leurs recherches esthétiques et poétiques, et déployer ce langage si caractéristique, tantôt burlesque tantôt tragi-comique, et qui mêle étroitement théâtre, pantomime, danse et musique.

Ce qui est nouveau en l’occurrence, c’est la rencontre avec le chœur placé sous la direction de Nicholas Jenkins. Un chœur réduit selon la volonté même du compositeur à 12 chanteurs – un chiffre qui ne manque pas évidemment de faire songer au nombre des apôtres qui accompagnaient Jésus. Ce que souligne d’ailleurs Rossini lui-même, dans ce savoureux commentaire, typique de ce grand gourmet devant l’éternel :

"Bon Dieu, pardonne-moi le rapprochement suivant : Douze aussi sont les apôtres dans le célèbre coup de mâchoire peint à fresque par Léonard, dit la Cène, qui le croirait. Il y a parmi tes disciples de ceux qui prennent des fausses notes !! Seigneur, rassure-toi, j’affirme qu’il n’y aura pas de Judas à mon déjeuner et que les miens chanteront juste et Con Amore tes louanges et cette petite composition qui est Hélas le dernier péché mortel de ma vieillesse” "

 

Comme pour toutes leurs pièces, Nico and the Navigators ont puisé leur inspiration d’une part dans des éléments historiques et biographiques contextuels à l’œuvre, mais aussi en interrogeant leur propre perception de la musique, au fil d’un processus de recherche et de répétitions empreint d’une grande liberté, ponctué d’essais et d’improvisations se nourrissant de la personnalité de chacun des membres de la troupe, venus d’horizons artistiques et géographiques les plus divers.

 

 

Une production de « pèlerinages » Kunstfest Weimar et NICO AND THE NAVIGATORS. Coproduction Grand Théâtre du Luxembourg, Bregenzer Festspiele, KunstFestSpiele Herrenhausen et Theater Erfurt. Avec le soutien du Hauptstadtkulturfonds, du Land de Berlin, de la Fondation Schering et de la Fondation Augstein. En coopération avec lʼOpéra-Comique Paris, lʼOpéra de Dijon et la Radialstiftung Berlin. 

© 2011-2016 Nico and the Navigators